
Depuis le 1er janvier 2022, tout acte de cautionnement solidaire doit mentionner un montant maximal chiffré, en principal et accessoires, rédigé par le garant lui-même. Cette obligation, issue de l’ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021 réformant le droit des sûretés, a modifié la logique même du plafond d’engagement. Le garant ne s’engage plus sur une durée abstraite de bail, mais sur une somme précise au-delà de laquelle il ne peut plus être poursuivi.
Article 2297 du Code civil : ce que la réforme change pour le montant de la caution solidaire
Avant 2022, un bailleur pouvait rédiger un acte de cautionnement sans y inscrire de plafond explicite. Le garant se retrouvait alors exposé à des montants parfois difficiles à anticiper, surtout en cas de reconduction tacite du bail sur plusieurs années.
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L’article 2297 du Code civil impose désormais que le montant maximal garanti figure en chiffres et en lettres dans l’acte, sous peine de nullité. Ce n’est plus une recommandation : c’est une condition de validité. Un acte de cautionnement solidaire sans cette mention est juridiquement nul, et le bailleur perd toute possibilité de se retourner contre le garant.
Cette mention doit être manuscrite (ou du moins rédigée par la caution elle-même dans le cas d’un acte sous seing privé). La somme inscrite constitue le plafond absolu de l’engagement, même si les dettes locatives accumulées dépassent ce montant. Le bailleur qui fixe un montant maximum dans l’acte s’y trouve lié autant que le garant. Comme le détaille le site www.big-immo.com, cette contrainte oblige à calibrer le plafond avec soin dès la signature du bail.
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Calcul du plafond de cautionnement : loyers, charges et frais de remise en état
Le montant maximal inscrit dans l’acte ne correspond pas uniquement aux loyers impayés. Il doit couvrir l’ensemble des dettes locatives potentielles, ce qui inclut plusieurs postes distincts.
- Les loyers et charges impayés sur toute la durée prévisible de l’engagement (durée initiale du bail, voire reconductions si l’acte le prévoit)
- Les éventuels intérêts de retard mis à la charge du locataire
- Les frais de remise en état du logement en cas de dégradations constatées au départ du locataire
- Les frais de procédure engagés par le bailleur pour recouvrer les sommes dues
Un bailleur qui fixerait un plafond couvrant uniquement quelques mois de loyer risquerait de se retrouver sans recours si les impayés se prolongent et que des dégradations s’ajoutent. À l’inverse, un montant trop élevé expose l’acte à une contestation pour disproportion.
Quel multiple de loyer retenir en pratique
La loi ne fixe aucun barème. Les pratiques de terrain varient selon le type de bail (meublé, vide, bail mobilité) et la durée d’engagement. Certains bailleurs calculent le plafond en additionnant la totalité des loyers et charges sur la durée du bail, puis ajoutent une marge pour les frais de remise en état. D’autres raisonnent en multiples du loyer mensuel charges comprises.
Aucun texte légal ne prescrit de multiple de loyer précis pour fixer le montant maximum. Le choix relève d’un arbitrage entre couverture suffisante pour le bailleur et proportionnalité par rapport aux revenus du garant.
Disproportion du cautionnement : la réduction plutôt que l’annulation
L’article 2300 du Code civil, issu de la même réforme des sûretés, a modifié le traitement des cautionnements jugés excessifs. Avant 2022, un garant pouvait demander l’annulation pure et simple de son engagement s’il était manifestement disproportionné par rapport à ses revenus et son patrimoine.
Depuis la réforme, la caution disproportionnée n’est plus annulée mais réduite à un niveau jugé proportionné par le juge. Le bailleur conserve donc une garantie, certes diminuée, là où il perdait tout auparavant. Pour le garant, le risque d’être engagé au-delà de ses capacités financières subsiste, mais la sanction est graduée.
Cette évolution change la stratégie des deux parties. Le bailleur a moins intérêt à gonfler artificiellement le plafond, puisqu’un juge pourra le ramener à une somme cohérente. Le garant, de son côté, a intérêt à vérifier que le montant inscrit dans l’acte reste en rapport avec ses revenus nets et son patrimoine disponible.
Ce que les tribunaux examinent
Les données disponibles ne permettent pas de dégager un ratio universel. Les juges apprécient au cas par cas en comparant le montant garanti aux revenus mensuels, à l’épargne et aux charges existantes du garant (crédits en cours, autres cautionnements). Un garant déjà engagé sur un autre bail voit son risque de disproportion augmenter mécaniquement.
Garantie Visale et cautionnement solidaire : deux logiques de plafond distinctes
La garantie Visale, proposée par Action Logement, fonctionne comme un cautionnement accordé par un organisme public. Son plafond de couverture obéit à des règles propres, différentes de celles d’un cautionnement solidaire entre personnes physiques.
Visale couvre les impayés de loyer et charges dans la limite d’un certain nombre de mensualités (la durée et le montant maximal dépendent du type de bail et du profil du locataire). Le bailleur ne choisit pas le plafond : il est fixé par les conditions du dispositif.
En revanche, le cautionnement solidaire classique laisse le bailleur libre de fixer le plafond, sous réserve de proportionnalité. Cette liberté implique une responsabilité : un plafond mal calibré peut soit laisser le bailleur sous-couvert, soit exposer l’acte à une réduction judiciaire.
Un bailleur ne peut pas cumuler Visale et un cautionnement solidaire pour le même locataire, sauf exception (bail étudiant ou apprenti dans certains cas). Le choix entre les deux mécanismes dépend du profil du locataire, de la durée du bail et du niveau de loyer pratiqué.

Le montant maximum d’une caution solidaire n’est pas un chiffre standard applicable à toutes les locations. C’est une somme négociée, inscrite dans l’acte, qui dépend du loyer, de la durée d’engagement prévue, des charges annexes et de la capacité financière du garant. Un acte sans montant chiffré est nul depuis 2022, et un montant disproportionné sera réduit par le juge plutôt qu’annulé. La rédaction de cette mention mérite autant d’attention que le reste du bail.