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Dans le droit civil, la société énonce les règles qui régissent les relations entre les citoyens (civil, de civis, le citoyen). Comme Mr Jourdain, nous pratiquons le droit civil toute la journée, sans le savoir. C’est le droit civil qui définit les relations ( juridiques ! ) entre conjoints lors du mariage, du divorce, les relations entre parents et enfants dans le cadre de l’autorité parentale, entre propriétaires et locataires. Il fixe les règles du contrat de vente, celles de la responsabilité civile en cas d’accident de la circulation etc. Par justice civile, on entend l’ensemble des juridictions qui appliquent ce droit et bien qu’elles soient les plus nombreuses, elles intéressent peu les médias, sauf dans quelques situations qui posent des questions de principe.

Dans le droit pénal, la société définit les interdits qu’elle veut sanctionner, au nom du respect dû à autrui, à sa propriété, à l’Etat et à un certain nombre de valeurs qui évoluent en même temps que la société (l’interdit du vol, de la violence, de l’outrage à une autorité de l’Etat etc). Le code pénal fixe les pénalités encourues, selon une échelle de gravité (contravention, délit et crime). A la différence du droit civil, la très grande majorité des citoyens fait peu l’expérience de la justice pénale, à l’exception de quelques contraventions qu’elle  commet ou lorsqu’elle est victime d’une infraction. La justice pénale raisonne autour de notions clivées (vérité/mensonge ; auteur/ victime de l’infraction ; coupable/innocent). Elle porte en elle-même une forte charge émotionnelle puisqu’il s’agit de rechercher le coupable, de le punir, de réconforter la victime. Elle met en scène le combat que l’Etat, via le procès, mène contre l’individu qui a transgressé ses lois et pour protéger la victime. Ces différents éléments expliquent en partie pourquoi les médias sont plus attirés par cette justice pénale, qui raconte, d’une certaine manière, l’éternel combat du bien et du mal, du faible et du fort.

Actuellement, notre société attend surtout des réponses en termes de justice pénale et de répression des comportements, phénomène communément « la pénalisation de la société ». Il s’applique, en particulier, à la demande de justice à propos des enfants et des adolescents , avec ce mouvement qui risque de conduire à les percevoir à travers le seul prisme de l’enfant  victime de parents maltraitants ou de l’adolescent délinquant. « L’ange ou le démon ».
Actuellement, le juge des enfants exerce à la fois dans le domaine civil lorsqu’il intervient auprès des enfants et adolescents en danger ( contentieux civil de l’assistance éducative, dans le chapitre consacré à l’autorité parentale) et dans le domaine pénal lorsqu’il intervient auprès des enfants et adolescents délinquants ( l’ordonnance de 1945 figure dans le code pénal) voir le terme la séparation des fonctions civile et pénale du juge des enfants ( voir le terme Séparation des fonctions civiles et pénales du juge des enfants).

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